Dans la matinée, les allemands arrosent le fort avec des obus fumigènes afin d’empêcher toute observation.
Ce n’est qu’un prélude. A 11 heures, commence un bombardement qui va durer 45 heures sans interruption. Toutes les pièces d’artillerie sont utilisées, toutes les fortifications Séré de Rivières se trouvant à proximité de la casemate 75 est sont percées. La cuisine est traversée ainsi que les anciennes écuries. Les tirs allemands sont précis. Ils veulent neutraliser les batteries Françaises.
L’obusier SKODA est maintenant en position. La pièce fait 12 tonnes. Le réglage est malaisé. Il est maintenant réalisé. A 15 heures, c’est le drame :
Un obus tombe au ras de l’observatoire, côté cour intérieure. Il s’enfonce dans le sol puis explose. L’effet est fantastique, si l’on peut dire : l’observatoire oscille comme un navire pris dans une tempête. L’ensemble a bougé, le béton est fissuré, toutes les portes se trouvent bloquées. La porte blindée de l’entrée est décelée par le souffle et s’ouvre. Dans le sous sol le mur est complètement désagrégé de l’intérieur et laisse apparent le ferraillage. Une épaisse poussière remplit tout l’ensemble. Le soldat Jean Lectez qui s’apprêtait à descendre l’échelle de l’observatoire se retrouve en un instant au sous sol sans comprendre ce qui se passait.
Le central téléphonique et les lignes sont intactes, le matériel optique n’a pas souffert, Maulde est toujours opérationnel. Mais ... l’équipage à peur, c’est la première fois qu’une certaine méfiance se manifeste envers le béton. Le capitaine SCHWENGLER doit reprendre ses hommes en main et y réussit.
16 heures : Le pilonnage par gros calibre continue, mais cette fois s’en prend à la casemate 75 EST. Aucun dégât, le tir est moins chanceux ou moins précis. La casemate 155 GPF (Grande Puissance Filloux ) non repérée arrose les environs de Tournai ainsi que les ponts de l’Escaut et gène énormément l’arrivée de matériels et de renforts allemands.
Les allemands savent que Maulde empêche toute progression et qu’il protége trop bien la ligne de défense Française de l’Escaut.
18 heures : Le régiment d’infanterie n°464 lance une attaque contre le Môle fortifié, celle ci échoue, les allemands se replient vers 22 heures.
La tenaille allemande se resserre néanmoins vers St Amand Les Eaux et vers Bouchain.
L’avancée allemande est importante sur les autres fronts, leurs régiments de chars sont à Abbeville, Boulogne et Calais. L’Escaut tient toujours !