La matinée est calme. Pas de bombardement, des patrouilles allemandes essaient de s'infiltrer dans les intervalles des casemates satellites, elles sont repoussées.
Cependant le front de l'escaut commence à s'effondrer. Malgré une résistance acharnée, les petits blocs s'étalant de Maulde à Condé tombent les uns aprés les autres. Le front va bientôt être tourné et les troupes Françaises encerclées.
L'attaque du fort de Maulde est repoussée, les Allemands sont méfiants et trouvent le morceau difficile à emporter. Ils font encore appel à des moyens supplémentaires en hommes et matériels.
17 heures : Le capitaine Scwengler est appelé par téléphone . Sous peine d'encerclement, l'évacuation de l'ensemble fortifié est prévue pour la nuit de Dimanche à lundi.
21 heures : Un ordre de repli arrive. Toutes les casemates sont prévenues.
23 heures : Le général Béjard envoie son ordre n°128, l'évacuation est ordonnée pour zéro heure trente.
Cet ordre est ressenti comme un affront pour les hommes. Ils se sont bien battus et leurs moyens de défense sont intacts. Le sergent Julienne refuse d'évacuer la casemate du Mont de Justice.
Le matériel est saboté, cassé, les canons sont sabotés à leur tour. Dans la casemate du 155 G.P.F, le tube du canon est déclaveté. La pièce est chargée, elle va tirer son dernier Obus...
Une corde est attachée à la culasse. La mise à feu se fait à l'extérieur. Formidable explosion, le canon s'est désolidarisé de son affût, a traversé l'embrasure et s'est envolé à travers champ. L'artillerie du fort de Maulde vient de se taire ...
...à Jamais...